Le singe et la banane ou comment se gravent les réflexes de fonctionnement dans un groupe ?

Par Marielle THOMAS, ambassadrice de la Libération chez IMATECH

Christophe CollignonAlexanndre Gérardcco droite, dirigeant d’IMATECH et Alexandre Gérard, dirigeant de ChronoFlex ont récemment animé un séminaire de réflexion sur le thème de la Libération dans l’entreprise. Une dizaine de chefs d’entreprise y participaient.

A la fin de la première journée, les échanges sont déjà très riches. Les questions fusent aussi bien sur le plan managérial que pratico-pratique.

Celle qui retient notre attention aujourd’hui a été formulée ainsi :

« Mais comment je fais pour que mes équipes aient des idées ?

ou plutôt pour qu’elles aient envie de me les communiquer ? »

Autrement dit, qu’est ce qui bloque ou retient mes collaborateurs pour proposer des initiatives ?
Alexandre Gérard choisit de répondre en racontant l’expérience suivante : :

Dix singes sont enfermés dans une pièce dans laquelle une banane est accrochée au plafond et uniquement accessible par une échelle.

Un singe plus téméraire que les autres se lance à l’assaut du fruit convoité. Mais au moment où il s’apprête à l’attraper, une douche froide s’abat sur les 9 autres singes.

Le lendemain, l’expérience est reproduite. Le même singe s’élance et se fait stopper net par l’ensemble de ses congénères.

L’expérience se poursuit en remplaçant un singe par un nouveau n’ayant pas vécu l’expérience. Ce dernier voit la banane et se dépêche de vouloir monter à l’échelle pour l’attraper. Il est aussitôt stoppé et agressé par les autres singes.

Il n’insiste donc pas.

L’expérience est renouvelée jusqu’à ce que dans la pièce, il n’y ait plus que des singes qui n’ont pas vécu l’expérience première de la douche froide : malgré cela, dès qu’un nouveau singe essaie d’accéder au fruit offert, il est copieusement battu par ses congénères…

L’expérience est ainsi passée dans l’inconscient collectif par « capillarité ».

Certes, l’exemple posé concerne un groupe de singes. Quoi qu’il en soit, elle donne à réfléchir et ouvre les questions suivantes :

Que s’est-il donc passé dans mon entreprise, dans mon équipe, avec ce manager ou ce collaborateur pour que la situation soit ainsi bloquée ?

Quels sont les freins et les peurs inconscientes qui brident mes collaborateurs ?

Pour vous aider à trouver des réponses, Christophe Collignon rajoute ceci :

 « Dirigeants d’entreprise ou de business unit,

Des règles très fortes et non écrites s’instaurent dans votre entreprise, elles deviennent les lois du groupe, sans que vous ne les ayez jamais promulguées.

Pire, on vous en attribue souvent la paternité.

Vous n’avez rien fait pour, mais rien contre non plus.

Ces lois sont le fruit d’expériences plus ou moins agréables que l’on n’a pas su ou voulu analyser.

A défaut de vision claire et exprimée sur les bonnes règles du vivre ensemble, ces lois prendront la place laissée libre et bloqueront progressivement votre groupe… »

A ce stade, la réponse vous appartient et est à chercher dans votre environnement et dans l’histoire de l’entreprise. A vous de mener l’enquête.

Une 2ème question émerge de cette expérience :

Si la brutalité est un facteur rapide de conditionnement négatif, la confiance sera-t-elle un facteur tout aussi rapide pour graver des attitudes positives?

C’est une question qui ouvre un débat très large… à traiter aussi bien par des philosophes, des sociologues et autres experts du comportement humain.

Nous nous arrêterons simplement à ce que nous ressentons. Nous sentons juste tous au fond de nous que le chemin pour gagner la confiance est plus long que pour la perdre. Alexandre Gérard, pointe notre vigilance avec ce proverbe à méditer : Le saut de la confiance se remplit à la petite cuillère et se reverse d’un seul geste

Il est donc important d’en prendre conscience et de nous remettre en question pour augmenter notre capacité à célébrer les succès, à pointer du doigt ce qui fonctionne, à féliciter l’initiative et valoriser la tentative ratée…. Et à traquer les seaux d’eau froide.

2 réponses à “Le singe et la banane ou comment se gravent les réflexes de fonctionnement dans un groupe ?

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