Une journée d’inspiration avec Ricardo Semler, Carlos Verkaeren…

Institut de Baak par Henri Van de Kraats, Directeur de IMA Bénélux

Ce 24 juin, j’ai rendez-vous avec Alexandre Gérard (CEO de Chronoflex) à Nieuwegein, petite ville des Pays-Bas, adossée à Utrecht. Nous allons assister à une matinée inspirante avec notamment les interventions de Ricardo Semler et Carlos Verkaeren.

Cette session est organisée par l’institut De Baak, une organisation qui se définit comme « un lieu pour leaders, entrepreneurs et professionnels qui sont à la recherche d’inspiration, motivation, connaissance et compréhension. Un lieu plein de paradoxes ».

Une salle comble. Une ambiance très aérienne avec un mélange d’entrepreneurs, de managers et d’étudiants. Afin de partager avec vous cette dynamique, je vous propose un florilège d’inspirations, récoltées ici et là auprès des différents intervenants de la journée.

Ricardo Semler, CEO de SEMCORicardo Semler, CEO de SEMCO, Brésil

Ricardo Semler : « Je n’ai jamais vu une organisation réellement démocratique. Il en va de même pour les entreprises. Nos organisations se nourrissent du modèle militaire.
On vit dans une période de connaissance, il est temps de basculer dans une période de sagesse.

Les organisations teintées de sagesse sont celles qui reflètent la société et sa diversité. »

Selon Semler, les modes de recrutement actuels sont obsolètes et ne servent à rien. Chaque entreprise recherche les meilleurs candidats, les plus intelligents. Mais souvent aucune forme de collaboration n’existe, ni se crée. Ce qui fait dire à Semler qu’une entreprise qui démarre a autant de chances de réussir en contractant avec 50 personnes choisies au hasard qu’avec le même nombre de personnes recrutées via les méthodes actuelles.
Se fier à l’intuition au lieu de s’aveugler avec la technique.

Le plus difficile consiste à lâcher prise et à supprimer le contrôle.

On aime encore bien voir le personnel au bureau, on peut s’assurer que les personnes travaillent. Saviez-vous que nous avons des personnes que l’on forme pour dire : « Je ne sais pas »?

Les réunions ? Sur base de volontariat !

Ainsi la réunion attirera uniquement les gens réellement intéressés par le sujet. Et si personne ne se présente ? Très probalement l’idée à la base est une fausse bonne idée.
Recrutez les collaborateurs selon votre ressenti et laissez-les évoluer librement pendant une semaine dans l’entreprise. Qu’ils trouvent leur place, qu’ils comprennent l’organisation et les personnes qui la peuplent. Laissez les personnes faire ce qu’elles ont envie de faire. (liberate people to what they like, where they like) Si vous croisez quelqu’un de passionné, recrutez- le. Il en va de même d’une personne authentique.
Dans la société on peut estimer que chaque personne a des interactions réelles avec dix voire onze personnes en moyenne. Il en va de même dans l’entreprise. Ce qui veut dire qu’il faut éclater le fonctionnement, créer des mini-cellules, abandonner les méga usines.
Ainsi une entreprise de 10.000 personnes deviendra une ruche de 10.000 entités, malléables, souples, réactives. (break up in parts) Et les 10 personnes qui travailleront avec vous ne veulent pas d’un paresseux, d’un voleur, d’un tricheur. D’où l’auto-régulation spontanée. »

 

Carlos VerkaerenCarlos Verkaeren (CEO Groupe Poult) devient en 2006 Directeur de la société Poult et a commencé à appliquer des idées de Semler. Le chiffre d’affaires a évolué de 40 millions d’euros à 190. Sa mission se focalise sur l’humain dans l’organisation.

Quand je suis devenu la patron de Poult j’ai laissé les collaborateurs réorganiser les usines, et le management a disparu tout naturellement. Il y a quelques années l’une des filiales du groupe faisait d’énormes pertes. En temps normal on aurait fermé cette entité, sans hésiter. J’ai choisi de communiquer en toute transparence et le personnel a pris le problème à bras le corps. Aujourd’hui c’est une des entités les plus rentables.

 

Ghislaine Duymelings (Managing Director Manutan Benelux)

ghislaine Duymelings

Pour introduire le changement il faut impliquer chaque employé. Construire ensemble au lieu d’avoir un management qui dit ce qu’il convient de faire. Nous laissons les gens découvrir l’autonomie et la confiance selon leur propre rythme. 

Je veux que les employés se développent eux-mêmes. Si une personne découvre qu’elle peut être plus heureuse ailleurs dans l’entreprise, je dois stimuler cela. Je souhaite voir uniquement des gens joyeux chez nous.

 

arend van randenArend van Randen (Directeur ARPA, institut de formation en management)

Chez nous, nous avons accroché la devise de Semler :

Better to beg for forgiveness than to ask for permission’. 

Je trouve que c’est très difficile de lâcher le contrôle, pourtant je sais que cela marche très bien. Je tente de créer une situation dans laquelle je suis de moins en moins le décideur et je donne de l’espace aux collaborateurs. En tant que manager on doit laisser chacun s’exprimer, et n’être garant que de la logistique, l’eau, le café …

Quand on assiste à ce type d’événement, on pense forcément à ce qu’il se passe dans votre propre organisation. Et on revient avec un enthousiasme renouvelé, car partagé avec d’autres. En Belgique il existe un rassemblement appelé Happy organisations, IMA Benelux y participe avec passion.

A quand un rassemblement de ce genre en France ?

 

2 réponses à “Une journée d’inspiration avec Ricardo Semler, Carlos Verkaeren…

  1. A reblogué ceci sur Nicolas Cordieret a ajouté:
    Quand j’ai lu le parcours de Ricardo Semler dans « A contre-courant: vivre l’entreprise la plus extraordinaire au monde » publié en 1993, j’ai touché du doigt combien les performances d’une entreprise, même dans un contexte économique très difficile, étaient liées à l’engagement de salariés libres et responsables… A ce titre, SEMCO l’entreprise familiale qu’il a reprise et sauvée de la faillite à São Paulo a vécu une transformation et une libération des énergies extraordinaires !

    D’autres entreprises rejoignent le mouvement aujourd’hui ! La biscuiterie Poult et son dirigeant Carlos Verkaeren, souvent cités dans ce blog, en sont un bel exemple.

    Alors merci à Henri van de Kraats de nous partager cette rencontre inspirante où Ricardo et Carlos étaient réunis fin juin dans une bourgade hollandaise. Ils nous emmènent vers des organisations teintées de sagesse qui reflètent la société et sa diversité.

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