Ferdinand, Platon et Spinoza ou sens du travail, bonheur et motivation….

Le rapport de l’homme au travail, écrit le philosophe André Comte Sponville, a changé : le travail est nécessaire mais n’est pas une fin en soi. C’est pourquoi il doit avoir un sens.

par Marielle Thomas, salariée IMATech. A l’écoute de la conférence d’André Comte Sponville dispensée le 25 juin 2012 lors des rencontres Paris USI 2012, j’ai eu envie de m’approprier le sens de ses paroles que je trouvais si justes. Je vous les restitue.

Sens du travail, bonheur et motivationC’est l’histoire de Ferdinand. Ferdinand est au chômage depuis plus de 18 mois. Son désir le plus cher, celui qui le comblera de bonheur est de trouver un travail. Aujourd’hui c’est le grand jour : Ferdinand vient d’être recruté chez IMA Technologies. Son désir étant réalisé, la grande question se pose :

Alors, Ferdinand, heureux ? Ben, ca dépend…

OPTION A : Ferdinand est un platonicien.

Selon Platon, deux équations fondamentales régissent notre bonheur :

amour=désir

Pour être heureux, je désire ce qui me manque.

Ferdinand désire un travail, il le trouve et ce travail doit le rendre heureux.

Or, dès lors que le désir est satisfait, le manque disparait.  S’il n’y a plus de manque, il n’y a plus de désir donc plus d’amour ni de bonheur.

CQFD : je n’aime et ne désire que ce que je n’ai pas.

Ferdinand répond ainsi à Aragon (qui l’avait d’ailleurs déjà prévenu en écrivant : « il n’y a pas d’amour heureux », effectivement, à partir du moment où je tiens dans mes bras l’objet de ma convoitise, je ne suis plus en manque de cette charmante personne et donc je ne la désire plus !), donc, Ferdinand répond à Aragon en décrétant : il n’y a pas de travail heureux.

OPTION B : Ferdinand est un spinoziste

Selon Spinoza, deux équations tout aussi fondamentales régissent notre bonheur :

amour=désir 2

Le désir est une puissance de jouir  et de nous réjouir.

Ouf, nous sommes sauvés !

Ferdinand a trouvé un travail qui comble son désir et lui permet de se réaliser pleinement.

Ami lecteur, tout l’art est de passer de Platon à Spinoza…

Le rapport de l’homme au travail, écrit le philosophe André Comte Sponville, a changé : le travail est nécessaire mais n’est pas une fin en soi. C’est pourquoi il doit avoir un sens.

Nous travaillons toujours pour autre chose que le travail : nous travaillons pour être heureux, pour le bonheur que nous trouvons dans le travail.

L’homme est un être de désir et nul ne désire le travail pour lui-même. On ne désire le travail pour le bonheur qu’on y trouve ou qu’il permet.

Ainsi tout homme, toute femme veut être heureux, nous courons tous après le bonheur.

La chasse au bonheur est ouverte tous les matins. Comment fédérer toutes ces chasses tous les matins pour une démarche efficace et économiquement rentable au sein d’IMA Technologies?

Chers managers, vous voici d’abord et avant tout des professionnels du désir de l’autre.

André Compte SponvillePour approfondir ce billet, je vous invite à écouter tout en vous régalant, l’excellente conférence de André Comte Sponville (cliquer sur l’image)

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